Oldelaf

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Oldelaf
Chant, guitare, ukulélé par Oldelaf
Guitare, ukulélé par Victor Paillet (dit Jacques F.)
Basse par Alexandre Zapata (dit Alain Berthier)
Claviers par Julien Breton (dit Charles Berthier)
Batterie par Fabrice Lemoine (dit Amaury Cantet)

Salle de concert Chapiteau (au Théâtre de Beausobre), Morges, Suisse (dans le cadre du festival Morges-sous-Rire)
Produit par Faste (producteur), Furax (producteur, tourneur), Festival Morges-sous-Rire (organisateur)
Concert du samedi 6 juin 2015 à 21h30
Placé en (placement libre)
Payé 28.00 CHF

26_2_castingOldelaf entouré de ses grands malades de musiciens, à savoir les frères Berthier en haut ainsi que Jacques F. et Amaury Cantet en bas
[photo sans crédit, via le site de l’artiste]

Après une petite pause désaltérante en sortant du spectacle un peu décevant de Vincent Dedienne, je me prépare à assister au troisième spectacle de ce Morges-sous-Rire, sous leur chapiteau dressé à proximité du théâtre. Pas de one man show cette fois-ci, ça sera un concert, celui d’Oldelaf accompagnés de ses musiciens déjantés. Au programme, des chansons parfois très drôles, souvent très bien écrites et toujours très entrainantes, servies par une mise en scène délirante.

Oui, il faut le préciser, le spectacle d’Oldelaf n’est pas un simple concert où il enchaîne morceau après morceau entouré de deux-trois musiciens au second-plan, c’est un show très travaillé avec, entre les chansons, des intermèdes humoristiques où chaque musicien interprète un personnage dont la folie est absolument totale. Aux claviers et à la basse se trouvent ainsi les frères Berthier, qui se sont soi-disant retrouvés après des années de séparation. Le premier est un peu trop intelligent, tatillon et plutôt chiant, le deuxième (interprété par le génial Alexandre Zapata) est un idiot total enchaînant des expériences impliquant toujours des animaux, de la peinture et des tubes en PVC, et se finissant invariablement dans une cruauté totale. De l’autre côté de la scène, les deux musiciens sont respectivement dans la peau d’Amaury Cantet, ancien batteur de Michel Sardou prêt à jouer pour n’importe qui tant qu’il peut quitter ce groupe de nazes, et de Jacques F., guitariste aux manières très efféminées incapable de prononcer correctement “Oldelaf” .

Je ne sais pas qui a mis en scène tout ça, mais le rendu est excellent et par moment à mourir de rire. Il faut aussi signaler le travail absolument parfait et sans fausses notes réalisé par le concepteur lumière, signant des tableaux toujours magnifiques et accompagnant chaque titre à la perfection. Les concerts autant bien éclairés sont rares, un grand bravo à lui donc.

26_3_eclairage Je sais, une photo en noir et blanc prise de côté n’est pas la meilleure façon possible de rendre hommage à l’éclairagiste, mais je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup d’autres photos du concert
[photo de Laura G., via Laura G. Photography]

J’aurais dû commencer par vous dire que je connaissais Oldelaf surtout pour ses tubes (“Le café”, “Nathalie” et “La tristitude”) et que je l’avais déjà vu sur scène quelques mois plus tôt dans le cadre du “Projet Michel Montana”, aux côtés d’Alexandre Zapata, ce qui m’a convaincu que c’étaient deux génies du live. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Michel Montana est un personnage trop peu connu qui serait à l’origine d’une bonne partie des succès de la chanson française et qui aurait provoqué la mort de Claude François, entre autres. Je rêve de revoir ce spectacle passer par la Suisse, c’est totalement délirant !

Voilà donc pourquoi j’ai foncé pour acheter mes billets pour voir le “vrai” concert d’Oldelaf, qui commencera tranquillement cette soirée par une ou deux chansons que je ne connaissais pas avant de balancer du lourd avec “Le café”. Rappelez-vous, la chanson avait fait le buzz en son temps sur Internet grâce à un clip génialissime. Auparavant, Oldelaf avait bien pris soin de saluer la salle, dans laquelle se trouvait quelques amis suisses rencontrés lors de sa tournée des appartements (j’adore ce concept, je me porte volontaire pour l’accueillir lors de la prochaine !) et lui ayant apparemment laissé des souvenirs quelque peu alcoolisés…

Si “Le café” fut un excellent moment du concert, je reste par contre sur ma faim pour l’interprétation de “Nathalie”, se faisant à la fin d’un medley consacré aux chansons dédiées à des prénoms féminins. En version acoustique raccourcie (un seul couplet et refrain de mémoire), c’était suffisant pour l’avoir dans la tête pendant trois jours, certes, mais pas assez pour en profiter comme elle le mérite !

26_4_tristitude Un grand moment du spectacle, l’interprétation de “La tristitude”, avec un Alexandre Zapata intenable et un Oldelaf sujet au fou rire…
[photo de Laura G., via la page Facebook du festival]

Je vais vous raconter l’interprétation du troisième (et plus récent) tube signé Oldelaf, “La tristitude”, parce que ça en vaut la peine, vous verrez… Tout commence avec un batteur sorti de scène (je ne sais plus si c’est le moment où le père Sardou lui téléphone ou celui où il organise une tournée des campings ardéchois sans douche avec Zaz) et un Alexandre Zapata un peu trop à fond dans son rôle d’Alain Berthier dérangé mentalement. Après une intro infaisable à la guitare (trop de cordes selon Oldelaf) et le deuxième Berthier réprimandé pour ses choeurs peu harmonieux, tout déraille… la faute à la fratrie Berthier, évidemment ! En effet, Alain entame une danse tout en jouant des maracas tandis que Charles recommence un travail de choriste peu recommandable.

Une engueulade s’en suit, et si Charles Berthier accepte de sortir de scène à contre-coeur, ça n’est pas franchement le cas d’Alain, qui nous reparle de ses inventions, faisant partir le sketch en fou rire… Il ira jusqu’à envoyer un magistral coup de ceinture dans les genoux d’Oldelaf qui répliquera en l’arrosant d’eau. Enfin sorti, Alain poussera des cris d’animaux depuis les coulisses, rendant la fin de l’interprétation du morceau assez compliqué pour le pauvre Oldelaf resté seul sur scène !

Il faut dire que c’était l’avant-dernier concert de la tournée et de Julien Breton (alias Charles Berthier) qui quitte le groupe et le laissera présenter un tout nouveau spectacle acoustique. Il n’empêche que je me demande qu’est-ce qui est écrit et qu’est-ce qui est improvisé dans ce gros n’importe quoi se déroulant sur scène, et c’est valable pour l’intégralité du concert !

26_5_illustration Vu qu’il me manque des photos du live, je vous met une photo du dossier de presse – faites semblant d’apprécier…
[photo de Franck Bohbot, via le dossier de presse]

Ce qui est prévu par exemple, c’est le délire autour des claviers de Charles Berthier et de leurs boutons permettant de… balancer des répliques de Christian Clavier, évidemment. C’est totalement con mais j’en ris encore ! Ce qui est pas prévu, c’est la barbe d’Oldelaf qui se prend dans son micro, prétexte à raconter n’importe quoi. Et que ces délires soient dans le texte de départ ou pas, c’est drôle, très très drôle !

Je laisse de côté la mise en scène et les intervalles comiques pour en revenir aux chansons : c’est toujours dur de découvrir des paroles en live, mais il faut noter un très bon travail de l’ingé son dans ce chapiteau pas forcément idéal. Je mentionnerai aussi l’ambiance de folie sur “J’ai chaud”, avec une partie du public dansant devant la scène, la performance de parodie de beatbox entrecoupée de nombreux fous rires sur “Barres technos” et la géniale chorégraphie de l’ensemble du groupe accompagné d’effets en lumière noire sur “Danse”.

Conclusion ? Exceptionnel ! Si les chansons d’Oldelaf sont déjà géniales à écouter chez soi, avec leurs paroles amusantes et leur rythme entrainant, elles prennent toutes leur dimension sur scène, entourées de ce casting incroyable de musiciens-acteurs, de cette belle mise en scène d’une drôlerie absolue et du magnifique éclairage. Définitivement, Oldelaf fait partie de ces artistes à voir sur scène impérativement, et autant souvent que possible ! Je regrette juste un public un peu mou à la fin du concert, ne l’ayant  pas poussé à un rappel acoustique au milieu du public, ce dont il est me semble-t-il un habitué… Bref, vivement mon prochain concert d’Oldelaf !

2 réflexions sur « Oldelaf »

  1. Petit

    Je me permets de répondre à une question posée dans ton article : la mise en scène du spectacle est signée Oldelaf et Arnaud Joyet.

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