Le placard (de Francis Veber / mes. Francis Veber / avec Elie Semoun, Laurent Gamelon, …)

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Le placard
De Francis Veber
Mis en scène par Francis Veber assisté par Laurent Petrelli
Avec Elie Semoun, Laurent Gamelon, Philippe Magnan, Zoé Félix, François Levantal, Laurent Paolini, Marie Facundo

Décors par Charlie Mangel
Lumières par Régis Vigneron
Costumes par Juliette Chanaud

Théâtre des Nouveautés, Paris, France
Produit par Pascal Legros Productions (producteur), Théâtre des Nouveautés (producteur, organisateur), Théâtre de la Porte St-Martin (producteur)
Représentation du vendredi 7 février 2014 à 21h00
Placé en première catégorie
Payé 58.00 €

1_2_casting Le casting de la pièce accompagné de Francis Veber
[photo de Bernard Richebé, via Pascal Legros Productions]

Elie Semoun à l’affiche d’une pièce de théâtre, c’est une première et, forcément, ça fait parler et ça attire des spectateurs. D’ailleurs, il ne faut pas s’en cacher, c’est bien pour ça que nous avons choisi de commencer ce week-end parisien en famille par un passage au Théâtre des Nouveautés.

Sans vouloir trop m’étendre sur la salle, je dirai simplement que, la représentation étant complète, ça bouchonnait méchamment pour accéder à sa place et que, contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, le théâtre est pas tout neuf ! Mais qu’importe, pour une pièce comique, plus t’es mal assis et collé au voisin, mieux c’est ! Nos places se trouvaient dans les derniers rangs de la première catégorie, la visibilité était plutôt bonne, rien de spécial à signaler.

Nous avons assisté à une des premières représentations de la pièce, en plein “buzz” médiatique. Malgré ça, je ne m’étais pas spécialement renseigné avant d’y aller, me contentant, dans un moment de folie passagère, d’écouter le passage d’Elie Semoun aux Grosses Têtes, en me demandant qui de moi ou de ce pauvre vieillard de Bouvard allait s’endormir en premier (#teamRuquier). Ca m’avait au moins permis de savoir qu’Elie Semoun était très heureux de jouer le rôle de François Pignon (tant mieux pour lui), d’apprendre qu’il y avait des dizaines de changements de décors au long de la pièce et de faire connaissance avec le pitch.

Oui parce-que je n’avais pas vu (et je n’ai d’ailleurs toujours pas vu) le film dont est tiré la pièce du même auteur, apparemment un gros succès. Si vous êtes dans le même cas que moi, sachez en gros que ça parle de François Pignon, comptable travaillant dans une usine de préservatifs et dont les amis et le charisme sont totalement absents, tout comme sa femme, partie en emportant son fils. Série noire oblige, le pauvre François se fait licencier sans réelle raison, rentre chez lui et décide de se suicider mais son voisin le retient au dernier moment. Après une petite discussion, ce dernier lui conseil de se faire passer pour homosexuel parce-que, c’est bien connu, il est interdit de virer un homosexuel.

Par là Veber (l’auteur et metteur en scène donc, mais si vous ne connaissez pas Veber, je ne sais pas trop ce que je peux faire pour vous) cherche probablement à dénoncer l’omniprésence du politiquement correct concernant les minorités. Ca n’est certes pas très subtil et l’on pourrait passer des heures à débattre du bien-fondé de cette pensée, mais bon, j’ai tendance à penser que, dans ce genre de pièce, le but est plus de planter une situation au comique exploitable que de faire passer des messages.

1_3_appartement_pignonL’appartement de Pignon, dans lequel celui-ci est en pleine discussion avec son voisin
[photo de Bernard Richebé, via Pascal Legros Productions]

Revenons-en plutôt à la pièce et à son interprétation. Je suis en général plutôt bon public avec Elie Semoun, mais je l’ai trouvé mou dans cette pièce (“Elie, c’est mou”… pardon). En préparant cette critique, j’ai pu lire dans une interview pour Première qu’il décrivait son rôle de la façon suivante :

“Pignon est un homme qui a peur de tout, surtout de la vie. C’est à cela que je pense avant d’entrer sur scène. Il n’est pas à l’aise dans le monde des adultes. Cela doit venir de moi, car j’ai du mal à m’adapter. Je suis resté un peu gamin, j’aime m’amuser et je déteste les règles. Pignon est un rebelle, pas très éloigné de moi.”

Son interprétation du grand mou renfermé est un peu exagérée à mon goût, ça aurait mérité plus d’énergie et de subtilité. Par moment il parait presque absent. Il est heureusement très bien entouré, particulièrement par les deux autres “têtes d’affiche” que sont Philippe Magnan (dans le rôle du voisin “coach” de François Pignon) et surtout le très amusant et très bon Laurent Gamelon dans le rôle du collègue rugbyman bien homophobe, qui est à mon avis le véritable “héros” de la pièce.

1_4_engueuladeElie Semoun et Laurent Gamelon en pleine action
[photo de Bernard Richebé, via Pascal Legros Productions]

La pièce en elle-même se déroule entre l’appartement de Pignon, les bureaux de la compta (dans lesquels évoluent trois autres employés et le patron de la boîte) et la machine à café. Le décor est magnifique et tourne sur lui-même pour passer de l’appartement aux bureaux, ce qui est heureusement très rapide vu le nombre impressionnant de changement de décors durant la pièce.

Chaque scène se termine par une vanne finale, façon série télé humoristique, une petite musique est alors lancée et le décor tourne. Ca a beau être rapide, au bout de la vingtième fois ça devient un peu chiant, de quoi rapidement se demander s’il n’aurait pas été possible de limiter les changements de décors… et c’est pas fini puisque, d’après ce que j’ai lu, il y a en tout 39 changements de décors. Non, vraiment, c’est un peu trop.

1_5_decorLe magnifique décor des bureaux de la compta de l’entreprise
[photo de Bernard Richebé, via le Théâtre des Nouveautés]

Côté texte, c’est dans l’ensemble plutôt drôle sans être à se rouler par terre non plus. J’ai même trouvé par moment la salle un peu trop bon public. Il faut malgré tout avouer qu’il y a certaines scènes très amusantes comme, par exemple, le repas entre François Pignon et Santini (le nom du personnage de Laurent Gamelon), ce dernier tentant d’être plus gentil avec Pignon, ses collègues lui reprochant ses plaisanteries graveleuses et incessantes sur l’homosexualité. Les discussions entre les collègues féminines de Pignon sont aussi plutôt amusantes.

A la fin de la pièce, Elie Semoun sur un char de gay pride une capote sur la tête a également de quoi faire sourire.

1_6_costumeFrançois Pignon reçoit son costume
[photo de Bernard Richebé, via Pascal Legros Productions]

Au final, je qualifierais Le placard de pièce grand public, ni bonne ni mauvaise, avec un Laurent Gamelon bien plus drôle et bien plus présent que la tête d’affiche Elie Semoun. La pièce étant en tournée cette saison, je la recommande aux fans d’Elie Semoun et/ou de Francis Veber qui passeront un excellent moment. Les autres trouveront sans mal une comédie qui les fera bien plus rire (et qui sera d’ailleurs très certainement bien moins chère !).

2 réflexions sur « Le placard (de Francis Veber / mes. Francis Veber / avec Elie Semoun, Laurent Gamelon, …) »

  1. Olivier

    Dans le film, Pignon est également très “mou”, j’aime bien le film, j’ai des réserves sur la pièce de théâtre qui passe à Thionville dans quelques semaines….. Faut dire il ne reste que des places au fond du théâtre sous le balcon…. J’aime beaucoup Semoun, que je connais pour l’instant uniquement seul sur scène.

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